Puce (Siphonaptera)
 
Louise Trudel,
Laboratoire de santé publique
du Québec
 
Puces  
Classification
Description des adultes
Cycle de vie
Habitat
Distribution géographique
Alimentation
Rôles écologiques
 
Comportements particuliers
Méthodes de contrôle
Questions fréquemment posées
Faits intéressants et curiosités
Bibliographie
 
 
CLASSIFICATION
Phylum : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Siphonaptères
Nom anglais : Fleas
Nombre d'espèces au Québec : au moins 41 espèces, réparties en six familles. La famille des Pulicides regroupe les espèces les plus importantes, dont Pulex irritans, la puce de l'homme, Xenopsylla cheopis, la puce orientale du rat, Ctenocephalides canis, la puce du chien, et Ctenocephalides felis, la puce du chat. On compte environ 180 espèces de puces au Canada, 325 en Amérique du Nord, et plus de 1 500 dans le monde.

ESPÈCES APPARENTÉES
Les Mallophages (poux des oiseaux) et les Anoploures (poux) sont également des parasites de petite taille qui vivent sur des animaux. Les poux se distinguent des puces par leur corps aplati dorso-ventralement (il est aplati latéralement chez les puces), par leurs pattes courtes et par leur incapacité à sauter.

Retour

 
DESCRIPTION DES ADULTES
 

Puce (Siphonaptera)
 
Patrick Roberge,
Insectarium de Montréal
 
Les puces sont de petits insectes bruns ou presque noirs et dépourvus d'ailes. Elles mesurent le plus souvent moins de 5 mm de long (de 2 à 3 mm pour la majorité des espèces, exceptionnellement jusqu'à 9 mm).

Leur corps est couvert d'une cuticule dure. Il porte des poils épineux dirigés vers l'arrière, ainsi que des épines courtes et robustes. Il est fortement comprimé latéralement, c'est-à-dire aplati de côté. La tête est fusionnée à un petit thorax. L'abdomen est plus ou moins ovale.

La tête porte de très courtes antennes, habituellement fixées dans des sillons. Selon les espèces, les yeux sont présents ou non. Les pièces buccales sont de type piqueur-suceur.

Les pattes longues et puissantes (en particulier les pattes postérieures) sont bien adaptées pour le saut.

Les femelles sont généralement plus grosses que les mâles.

Les différentes espèces de puces se ressemblent beaucoup. Les experts les distinguent grâce à des critères tels que la forme de leur tête et la répartition de leurs soies (poils) et de leurs épines.

Retour

 
CYCLE DE VIE
Les puces sont des insectes à métamorphose complète, ou holométaboles.

L'accouplement a lieu sur l'animal qui fait office d'hôte. Pour assurer sa descendance, la femelle doit se nourrir de sang avant de s'accoupler. Elle pond habituellement dans la fourrure de l'animal parasité, mais les œufs, non adhésifs, tombent ensuite par terre. La femelle dépose quelques œufs à la fois, jusqu'à un total de plusieurs dizaines (parfois jusqu'à 2000). L'œuf est généralement blanc, de forme ovoïde, et mesure de 0,3 à 0,5 mm de long environ. Il éclôt au bout de quelques jours. Selon la température, l'incubation peut prendre des mois.

La larve qui sort de l'œuf est allongée et cylindrique, blanche et dépourvue de pattes. Son corps segmenté peut porter de longs poils. Sa tête brun pâle est munie de pièces buccales de type broyeur. Elle n'a pas d'yeux. Au bout de l'abdomen se trouvent deux petits crochets utilisés pour la locomotion. Normalement, la larve ne se trouve pas sur l'hôte ; elle vit dans la poussière et les détritus. Le stade larvaire de la puce comporte deux mues et dure de une à cinq semaines, parfois davantage.

Avant de se transformer en nymphe, la larve se place en « U » et fabrique un cocon de soie. Les fibres de ce cocon sont collantes et l'abri se couvre rapidement de débris et de poussière, ce qui assure à l'insecte une protection supplémentaire. La puce adulte émerge au bout de cinq jours à cinq semaines environ. Elle peut aussi passer l'hiver au stade nymphal.

 


Puce (Siphonaptera)
 
Louise Trudel,
Laboratoire de santé publique
du Québec
 
L'adulte prêt à sortir demeure parfois longtemps dans son cocon. Son émergence serait provoquée par le gaz carbonique et la chaleur produits par son hôte. Une fois sortie de son cocon, la puce adulte se met aussitôt en quête d'un hôte afin d'y trouver sa nourriture et un partenaire pour s'accoupler.

Selon les espèces, le temps écoulé entre la ponte de l'œuf et l'émergence de l'adulte reproducteur varie entre deux et trois semaines, deux et trois mois, et même jusqu'à deux ans. La durée de vie de l'adulte varie selon les espèces ; elle est de 7 à 14 jours chez la puce du chat, par exemple.

Comme la plupart des parasites des grands animaux, les puces demeurent actives et continuent de se reproduire durant l'hiver. Chez les espèces dont les hôtes vivent dans la nature, toutes les étapes du cycle vital peuvent être ralenties par les températures froides.

Retour

 
HABITAT
Les puces adultes vivent sur leur hôte ou à proximité. Ce sont des ectoparasites (parasites externes) de vertébrés.

Les larves se trouvent dans le nid ou le terrier de l'hôte, ainsi que dans les habitations humaines (sur les tapis ou dans les fentes des parquets, par exemple).

Retour

 
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Les puces sont des insectes cosmopolites. On les trouve partout où vivent leurs hôtes, sur tous les continents et les principales îles du monde. On note une plus grande diversité des espèces dans les régions tempérées du globe.

Quelques puces ont une distribution mondiale mais la plupart des espèces sont limitées à la distribution de leur hôte.

Retour

 
ALIMENTATION
Les puces adultes sont hématophages, c'est-à-dire qu'elles se nourrissent de sang. Elles peuvent toutefois survivre plusieurs semaines sans repas sanguin. Plusieurs espèces peuvent sucer le sang de divers animaux, alors que d'autres se nourrissent sur une seule espèce animale.

Selon les espèces, les larves s'alimentent de différentes matières organiques : sang séché excrété par les puces adultes, excréments d'autres animaux, poussière, poils, cheveux, peaux mortes et autres détritus.

Retour

 
RÔLES ÉCOLOGIQUES
En tant que parasites, les puces jouent un rôle dans le contrôle des populations des espèces animales qui leur servent d'hôtes. Elles peuvent transmettre des maladies ou d'autres parasites à leurs hôtes.

Les puces servent aussi parfois de nourriture aux animaux qui les portent.

Retour

 
COMPORTEMENTS PARTICULIERS
Ces petits insectes ne marchent pas très bien mais sont capables de sauter. Ceci leur permet de passer facilement d'un animal à un autre. Les puces peuvent aussi quitter leur hôte lorsqu'il sort du terrier ou du nid, et sauter sur lui à nouveau lorsqu'il rentre.

Parce qu'elles se nourrissent de sang et qu'elles changent parfois d'hôtes, les puces peuvent transmettre diverses maladies. La puce orientale du rat, Xenopsylla cheopis, est le vecteur de la peste bubonique, une maladie souvent fatale pour l'homme. L'insecte, qui parasite les rats et d'autres rongeurs, ainsi que les humains, transmet à ses hôtes la bactérie Yersinia (ou Pasteurella) pestis. Lorsque les rats meurent, les humains deviennent les hôtes de prédilection des puces et la maladie se propage rapidement.

La peste est avant tout une maladie de rongeurs et ces animaux servent de réservoir à la maladie. Selon certaines estimations, la peste bubonique est ainsi établie de façon permanente chez au moins 57 espèces de rongeurs dans l'ouest des États-Unis.

Les puces ayant piqué des rats peuvent aussi transmettre à l'homme le typhus endémique (ou typhus murin), une maladie rarement fatale pour les humains et assez rare de nos jours. Ce typhus est provoqué par une rickettsie, Rickettsia typhi, un microbe qui se manifeste encore parfois en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Amérique centrale, ainsi que dans le sud-est des États-Unis. Les puces peuvent aussi être vecteurs de la bactérie causant la tularémie.

Certaines espèces de vers solitaires, qui parasitent normalement les chiens et les rongeurs, peuvent aussi être transmises aux humains par les puces. Il s'agit entre autres de Dipylidium caninum, le ténia du chien, ou ver solitaire du chien et du chat, et de Hymenolepis diminuta et H. nana, deux vers parasites des rats. Les parasites sont souvent transmis lorsque les animaux avalent les puces en se léchant. Ils peuvent aussi être transmis aux enfants quand des animaux infestés leur lèchent le visage.

La puce du chat et la puce du chien peuvent transmettre aux chiens, et parfois aux chats, le nématode parasite appelé couramment « ver du cœur ».

Les puces ne transmettent pas toutes des maladies ou des parasites, mais elles finissent souvent par causer des désagréments à leurs hôtes. Les piqûres provoquent des démangeaisons bénignes, et certaines personnes peuvent avoir de fortes réactions allergiques. Chez les animaux, les infestations de puces peuvent causer des démangeaisons, de l'anémie et des dermatites allergiques qui, dans les cas extrêmes, peuvent entraîner la mort de l'animal.

Quelques espèces de puces peuvent être trouvées sur une grande variété d'hôtes, mais plusieurs ont des hôtes spécifiques. Environ 6 % des puces parasitent des oiseaux et 74 % des mammifères. De ce dernier nombre, la grande majorité sont des rongeurs et le reste divers mammifères (dont l'homme).

En général, les puces évitent la lumière et sont attirées par la chaleur et le gaz carbonique dégagés par leur hôte.

Les larves se déplacent en repliant la tête pour tirer leur corps vers l'avant, en même temps qu'elles exercent des mouvements de poussée à l'aide d'une paire de crochets situés près de l'anus.

Une puce adulte prend normalement trois ou quatre repas sanguins par jour, prélevant ainsi jusqu'à 15 fois son poids en sang de façon quotidienne. Chaque puce aspire en moyenne 14 microlitres de sang par jour. Il faut donc 72 puces pour absorber en une journée un millilitre de sang.

Les mâles consomment du sang plus souvent que les femelles, mais ils en absorbent moins à la fois. Chez la puce du chat, le repas sanguin de la femelle dure 25 minutes, alors qu'il ne prend que 11 minutes chez le mâle.

Lorsqu'elles se nourrissent, les femelles rejettent par l'anus du sang qu'elles n'ont pas complètement digéré. Le sang coagule et prend l'aspect de tubes spiralés ou de petites boulettes. Ces déchets sont alors disponibles comme nourriture pour les larves de puces, ce qui amène certains auteurs à parler de « soins parentaux » de la part des adultes qui fournissent le repas.

Retour

 
MÉTHODES DE CONTRÔLE
Les puces sont très bien adaptées aux conditions de vie que nous avons créées dans nos maisons. Les infestations peuvent donc se déclencher tout au long de l'année. Elles sont toutefois plus fréquentes et plus graves à la fin de l'été et au début de l'automne. Il est donc recommandé d'examiner régulièrement les animaux de compagnie durant cette période.

Prévention
Divers produits protègent les animaux domestiques contre les infestations de puces. Cette protection est particulièrement utile pour les animaux qui sortent souvent de la maison et ce, pour la période s'étalant de juin à octobre. Consultez votre vétérinaire au sujet des injections et des comprimés disponibles à cet effet.

Le collier antipuces est également efficace, mais il est recommandé de l'utiliser avec modération et de façon discontinue. Il peut en effet causer des réactions chez l'animal, dont des irritations de la peau, des troubles nerveux et une dilatation de la pupille de l'œil.

Détection
Un chien ou un chat qui se met à se lécher davantage, à se gratter, se mordiller ou se mordre manifeste des signes d'infestation. Les puces se trouvent souvent dans la région du cou ou de la queue de leur hôte. Elles sont assez faciles à voir entre les poils, surtout aux endroits où la fourrure est courte et peu dense, comme sur l'abdomen, la tête et les oreilles. La présence de petites particules noires en forme de boudins, de virgules ou de petits grains de la taille d'une tête d'épingle est aussi un signe de l'activité des puces. Ces petits amas de sang séché (voir plus haut : Comportements particuliers) prennent une teinte rougeâtre lorsqu'ils sont mouillés. Il suffit de passer un tampon d'ouate humecté de détergent sur la peau de l'animal pour détecter leur présence. On trouve souvent ces déchets sur le coussin ou le fauteuil où l'animal dort. Là se trouvent également les petits œufs blancs des puces, que l'on peut voir à l'œil nu puisqu'ils ont la taille d'un grain de sel.

Une autre façon de savoir s'il y a des puces dans une pièce est de s'y promener pendant au moins cinq minutes en portant de longs bas blancs dans les pieds (sans souliers). Les insectes adultes en quête d'un hôte sauteront sur les pieds et il sera facile de les distinguer sur les bas à cause de leur couleur sombre.

Élimination des puces adultes sur les hôtes
Diverses préparations commerciales sont disponibles sur le marché pour traiter les animaux domestiques. Il existe des produits antipuces sous forme de poudres, de shampoings, de mousses, d'aérosols, de lotions, de colliers, etc. Une des approches les plus courantes de nos jours consiste à administrer à l'animal un produit qui agit pendant un mois, et à répéter le traitement au besoin. Consultez un vétérinaire ou un exterminateur pour éclairer votre choix. Suivez attentivement les directives du fabricant, procédez avec précaution et rappelez-vous que la plupart des insecticides chimiques peuvent être nocifs pour vous et pour l'environnement.

Certains auteurs (voir en particulier Odile Michaud, dans la Bibliographie) préconisent des méthodes naturelles pour se débarrasser des puces. Ils recommandent par exemple l'utilisation d'un peigne à épucer et de solutions ou de poudres à base de romarin et de tanaisie. L'huile de pouliot, l'huile de thym et l'huile d'eucalyptus seraient également efficaces. Un mélange à parts égales d'alcool et de vinaigre utilisé en friction sur la fourrure agirait comme répulsif.

Élimination des œufs et des larves
Il n'est pas facile de se débarrasser de toutes les puces dans une maison, et surtout des insectes immatures, car ils sont très petits et restent souvent à l'abri dans des endroits difficiles d'accès. Pour cette raison, l'usage d'insecticides n'est pas recommandé dans les habitations (sauf si l'un des habitants est allergique aux puces). De plus, l'usage de produits préventifs ou de traitements chez les animaux permet d'éliminer les adultes à mesure qu'ils émergent ou de les empêcher de se reproduire. On peut toutefois débarrasser les lieux d'une bonne partie des intrus en nettoyant à fond les endroits où les animaux infestés vivent et dorment.

La première étape consiste à passer l'aspirateur dans toutes les pièces de la maison.

Il est recommandé de répéter l'opération au moins une fois par semaine, afin d'éliminer les œufs, les larves et les jeunes adultes. On portera une attention particulière aux recoins où les puces pourraient se cacher, par exemple le long des plinthes et dans les fentes des planchers de bois. Les puces adultes et les larves ont tendance à chercher les coins sombres, comme derrière et sous les meubles. Il faut donc déplacer ces derniers pour nettoyer à fond. Éliminez les insectes qui se retrouvent dans l'aspirateur en jetant le sac après chaque usage. Lavez les planchers.

Lavez aussi à l'eau chaude savonneuse le matériel et la literie familiale sur lesquels les animaux de compagnie se couchent, toutes les deux ou trois semaines.

On portera une attention particulière au tapis, qui constitue un habitat de choix pour les puces. Son taux d'humidité est plus élevé que celui de l'air ambiant, il contient des débris organiques dont se nourrissent les larves et ses fibres offrent aux puces une protection contre l'action de l'aspirateur et des insecticides. Il peut donc être utile de le faire nettoyer à la vapeur, dont l'action est fatale pour les puces à tous leurs stades de vie (prévenez le personnel de nettoyage de la présence de puces).

À l'extérieur de la maison, couvrez le bac à sable des enfants lorsque ceux-ci n'y jouent pas, afin d'éviter que les animaux infestés n'y laissent des puces. Les niches à chiens peuvent aussi être infestées, ainsi que certaines parties de la cour où l'humidité et l'absence de soleil direct favorisent le développement des insectes. Pour vérifier si des puces sont présentes à un endroit particulier, placez-y une feuille de papier blanc. Vous distinguerez facilement les insectes s'ils sautent sur la surface claire. Si vous optez pour un insecticide chimique, demandez conseil à un spécialiste pour choisir le produit le moins toxique et le mieux adapté à votre situation. Suivez attentivement les directives du fabricant, procédez avec précaution et rappelez-vous que la plupart des insecticides chimiques peuvent être nocifs pour vous et pour l'environnement.

Retour

 
QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES
Comment savoir si les piqûres qui me démangent sont causées par des puces ou par un autre animal ?

Les piqûres de puces apparaissent sous la forme de petits points rouges. Chez l'homme, on trouve de façon caractéristique deux ou trois piqûres alignées, habituellement sur les chevilles et les jambes. Toutefois, les puces peuvent piquer sur tout le corps des dormeurs durant la nuit.

La salive irritante de l'insecte piqueur cause une démangeaison, qui n'est pas nécessairement ressentie sur le coup. La piqûre peut toutefois devenir de plus en plus irritante durant une semaine ou davantage.

Pour soulager les démangeaisons, certains auteurs recommandent l'application sur les piqûres de menthol, de camphre, de vaseline carbolisée, d'une solution à la calamine ou de glace.

Comment ai-je attrapé ces puces ?

Les puces s'en prennent d'abord à nos animaux domestiques. Elles sautent sur eux lorsqu'ils sortent de la maison, et le plus souvent lorsqu'ils fréquentent des milieux où des larves se sont développées (les puces n'auraient pas tendance à passer naturellement d'un animal à un autre). Les puces transportées dans les maisons se reproduisent, et ce sont souvent leurs descendants qui nous piquent. Ces insectes, devenus adultes à leur tour, ne dédaignent pas un repas de sang humain, surtout lorsque leurs hôtes à quatre pattes ne sont pas disponibles. Si elles peuvent piquer l'homme n'importe quand, les puces se font plus voraces lorsqu'elles n'ont pas eu la possibilité de se nourrir pendant un certain temps. Durant les vacances, par exemple, des puces adultes peuvent vivre sans s'alimenter dans une maison ou un sous-sol pendant des semaines ou même des mois en l'absence d'animaux domestiques. Au retour, personnes et animaux peuvent être infestés de façon rapide et sévère. Pour éviter ces désagréments, certains auteurs recommandent de laisser entrer d'abord le chat et le chien dans la maison !

Les puces sont des insectes sensibles aux vibrations et elles s'activent dès qu'elles détectent la présence d'un hôte potentiel. L'arrivée d'une source de nourriture convenable sera aussi le signal de l'émergence de puces adultes, qui restaient dans leur cocon dans l'attente d'un hôte.

Retour

 
FAITS INTÉRESSANTS ET CURIOSITÉS
 

Puce (Siphonaptera)
 
Patrick Roberge,
Insectarium de Montréal
 
La forme aplatie du corps des puces facilite leurs déplacements à travers les poils ou les plumes de leur hôte. Il semble même que les puces qui vivent sur des animaux dont la fourrure est très dense ont un corps plus aplati !

Une puce adulte qui n'a pas encore émergé de son cocon peut survivre jusqu'à 140 jours si elle ne subit pas de dessiccation. Son abri la protège aussi de la plupart des insecticides.

Dans une population de puces, environ 57 % des insectes sont au stade de l'œuf, 34 % sont des larves, 8 % des nymphes et seulement 1 % des adultes.

La plupart des espèces de puces parasitent des animaux qui vivent dans des terriers.

Au Québec, c'est la puce du chat qui infeste le plus grand nombre d'animaux domestiques. Elle peut parasiter près de 50 espèces différentes, s'attaquant à plusieurs animaux qui partagent le même milieu dont les chats, les chiens, les humains, les rats, les écureuils, les lapins, les moufettes, les ratons-laveurs, les moutons et la volaille.

Lorsque des puces piquent des gens au Québec, il s'agit la plupart du temps de puces du chat. Il existe une puce de l'homme (Pulex irritans), mais cette espèce est rare de nos jours, sauf dans les pays tropicaux. Cette puce parasite plusieurs mammifères dont l'humain, mais son hôte principal est probablement le chien.

Les larves de puces n'ont pas d'yeux, mais elles possèdent des récepteurs de lumière à la surface de leur corps. Elles manifestent un phototropisme négatif, c'est-à-dire qu'elles ont tendance à s'éloigner de la lumière. Au stade larvaire, les puces sont très sensibles à la chaleur et à la dessiccation.

La puce orientale du rat serait le principal responsable de la grande épidémie de peste qui, au XIVe siècle, tua 25 millions de personnes en Europe et autant en Asie. Environ le tiers de la population mondiale aurait péri à la suite de cette calamité.

La chique pénétrante, Tunga penetrans, est une puce qui parasite l'homme en se logeant principalement sous les ongles d'orteils et entre les doigts de pied. Elle peut être présente, entre autres, dans certaines régions du sud des États-Unis.

Après l'accouplement, la femelle fertilisée s'enfonce sous la peau de son hôte à l'aide de ses pièces buccales. Elle laisse dépasser à l'air libre l'extrémité de son abdomen, qui se distend pour atteindre jusqu'à 1000 fois son volume original. Cette augmentation de volume cause des douleurs et des irritations. Elle peut aussi produire des inflammations ulcéreuses, des infections bactériennes, un empoisonnement du sang, ainsi que des lésions provoquant la gangrène et le tétanos. Dans les cas graves, l'amputation des orteils s'avère parfois nécessaire. Il est donc important d'éviter de marcher pieds nus dans les régions où l'espèce a été observée.

La chique pénétrante adulte femelle passe essentiellement sa vie à se nourrir de sang et à pondre des œufs. Les mâles et les larves sont mobiles.

Quelques espèces de puces ne sautent pas, mais la plupart peuvent bondir sur une distance de plus de 100 fois leur longueur. Une puce adulte peut effectuer des sauts dépassant 20 cm en hauteur et 35 cm en longueur. Un homme mesurant 1,65 m pourrait ainsi faire des sauts de plus de 94 m de haut et de 165 m de long !

 

Malgré leur petite taille, les puces sont dotées d'une grande force musculaire. On exploitait autrefois cette particularité dans des « cirques de puces » (flea circuses), qui étaient fort populaires en Europe. De minces fils d'or enroulés autour des insectes les empêchaient de sauter, les forçant à ramper. Un des numéros favoris consistait à faire tirer par des puces de petits wagons sculptés à la main. Moyennant quelques sous, les spectateurs pouvaient observer leurs prouesses à l'aide d'une loupe.

En Amérique du Nord, on peut encore voir à l'occasion des numéros de cirques basés sur le principe du flea circus. Mais l'auditoire doit faire preuve d'imagination car aucun insecte ne fait partie du spectacle !

Retour

 
BIBLIOGRAPHIE
Michaud, O. 1988, Le chasse-insectes dans la maison. Montréal. Les Éditions de l'Homme. 153 p.

Retour