Blatte germanique (Blattella germanica), adulte
René Limoges,
Insectarium de Montréal
 
Blattes (coquerelles, cafards, cancrelats)  
Classification
Description des adultes
Cycle de vie
Habitat
Distribution géographique
Alimentation
Rôles écologiques
Comportements particuliers
Méthodes de contrôle
Questions fréquemment posées
Faits intéressants et curiosités
Bibliographie
 
CLASSIFICATION
Phylum : Arthropodes
Classe : Insectes
Ordre : Dictuoptères (On voit aussi Dictyoptères. Dans certains ouvrages, les blattes sont classées avec les grillons et les criquets dans l'ordre des Orthoptères; dans d'autres elles forment à elles seules l'ordre des Blattaires, ou Blattaria.)
Nom anglais : Cockroaches (cucarachas)
Nombre d'espèces au Québec : Il existe au moins 16 espèces de blattes au Québec. Seulement six d'entre elles sont communes. Parmi elles, une espèce, la blatte de Pennsylvanie, est indigène et vit en milieu naturel. Les cinq autres espèces (voir le tableau plus bas) sont d'origine étrangère et ont élu domicile dans nos habitations. On compte plus de 4 000 espèces de blattes dans le monde, dont environ 70 au Canada et aux États-Unis.

ESPÈCES APPARENTÉES
Les blattes font partie du même ordre que les mantes religieuses.

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DESCRIPTION DES ADULTES
Les blattes sont des insectes au corps aplati et ovale, dont la couleur varie de brun pâle à noire selon les espèces. Leur taille est différente selon les espèces (voir la liste plus bas).

La tête, très mobile, est presque entièrement cachée sous une partie du thorax en forme de bouclier, appelée pronotum. Elle porte deux antennes filiformes, très mobiles et flexibles, souvent aussi longues que le corps. Les blattes ont deux grands yeux composés et parfois deux ocelles. Leurs pièces buccales sont de type broyeur. Elles comprennent une paire de robustes mandibules fortement dentées.

Au thorax sont attachées trois paires de pattes semblables, robustes, épineuses et bien adaptées à la course. Les blattes ont généralement deux paires d'ailes, fixées au thorax et posées à plat sur l'abdomen, se chevauchant largement. Les ailes antérieures sont légèrement épaissies et recouvrent les ailes postérieures. Elles sont souvent plus courtes chez la femelle que chez le mâle. Les ailes sont réduites ou absentes chez quelques espèces.

 
Blatte américaine (Periplaneta americana), adulte
Pierre Veilleux,
Insectarium de Montréal
 
  L'abdomen porte deux courts appendices plus ou moins développés appelés cerques. Chez la femelle, il se termine par un ovipositeur, mais celui-ci est peu ou pas visible.

Les principales espèces de blattes du Québec
N.B. Toutes ces espèces sont domestiques (elles vivent dans les maisons), sauf la blatte de Pennsylvanie.

Famille des Blattellides (petites espèces, habituellement moins de 20 mm de longueur)


Blatte germanique (Blattella germanica), adulte
Francine Mondor
 
Nom français : Blatte germanique
Nom scientifique : Blattella germanica (Linné)
Longueur (en mm) : 10 à 16
La plus commune dans les maisons. Coloration variant de dorée à noire, généralement brun pâle. Deux bandes noires allongées sur le pronotum. Ailes bien développées chez les deux sexes.

Blatte à bandes brunes (Supella longipalpa), adulte
Francine Mondor
 
Nom français : Blatte à bandes brunes
Nom scientifique : Supella longipalpa (Fabricius)
Longueur (en mm) : 10 à 14
Aussi appelée blatte des meubles. Rayée de deux bandes brun pâle qui traversent ses ailes. Ailes couvrant presque tout l'abdomen chez la femelle, parfois plus longues chez le mâle.

Blatte de Pennsylvanie (Parcoblatta pennsylvanica), adulte
Francine Mondor
 
Nom français : Blatte de Pennsylvanie
Nom scientifique : Parcoblatta pennsylvanica (DeGeer)
Longueur (en mm) : 12 à 19
Habite les milieux boisés. Coloration sombre. Bords du pronotum plus pâles. Ailes du mâle dépassant l'extrémité de l'abdomen. Ailes de la femelle couvrant les deux tiers de l'abdomen. Certains mâles atteignent 25 mm de long.

 

 

Famille des Blattides (grandes espèces, habituellement plus de 20 mm de longueur)


Blatte orientale (Blatta orientalis), adulte
Francine Mondor
 
Nom français : Blatte orientale
Nom scientifique : Blatta orientalis (Linné)
Longueur (en mm) : 18 à 30
Coloration brun foncé à noire. Ailes réduites chez les deux sexes, celles du mâle mieux développées que celles de la femelle (chez qui elles peuvent être absentes). Incapable de voler.

Blatte américaine (Periplaneta americana), adulte
Francine Mondor
 
Nom français : Blatte américaine
Nom scientifique : Periplaneta americana (Linné)
Longueur (en mm) : 27 à 45
Aussi appelée blatte d'Amérique. La plus grosse des blattes domestiques. Coloration brun rouge. Pronotum brun jaunâtre orné de deux grandes taches diffuses marron. Deux sexes ailés et capables de voler pour se déplacer.

Blatte australienne (Periplaneta australasiae), adulte, mâle
Francine Mondor
 
Nom français : Blatte australienne
Nom scientifique : Periplaneta australasiae (Fabricius)
Longueur (en mm) : 23 à 35
Coloration sombre. Pronotum brun rouge à orangé orné de deux grandes taches distinctes, parfois réunies. Moins abondante que les blattes américaine et orientale.

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CYCLE DE VIE
 

Blatte américaine (Periplaneta americana)
René Limoges,
Insectarium de Montréal
 
Les blattes sont des insectes à métamorphose incomplète, ou hémimétaboles. Les jeunes ressemblent donc aux adultes, mais ils sont dépourvus d'ailes à leur naissance.

Chez plusieurs espèces de blattes, une parade nuptiale précède l'accouplement. Le contact entre les deux partenaires s'effectue à l'aide des antennes. Le mâle tapote parfois le corps de la femelle avec ses antennes. Il se retourne ensuite, soulève ses ailes, les fait vibrer et allonge son abdomen. Cet étirement expose les ouvertures de deux glandes dorsales qui sécrètent une substance spéciale. La femelle lèche cette sécrétion. Puis le mâle recule sous la femelle et pousse son pénis dans son ouverture génitale. Sans quitter sa partenaire, le mâle effectue alors une rotation de 180°. Les deux insectes restent ainsi attachés par l'extrémité de leur abdomen pendant environ une heure, la semence du mâle passant dans le corps de la femelle.

Au cours des jours suivants, la génération future se prépare dans le corps de la femelle. Quelques dizaines d'œufs sont regroupés sur deux rangées à l'intérieur d'une capsule protectrice. Cette coque aux parois rigides porte le nom d'oothèque. D'abord blanchâtre, l'oothèque tourne ensuite au brun.

Les femelles produisent généralement plus d'une oothèque durant leur vie. La blatte germanique, par exemple, en fabrique le plus souvent quatre ou cinq, qui contiennent une trentaine d'embryons ou davantage.

Chez la majorité des espèces, l'oothèque est déposée dans un milieu humide dès la fin de sa formation. La blatte germanique se promène avec l'oothèque partiellement sortie de son abdomen pendant trois ou quatre semaines, jusqu'à un jour ou deux avant l'éclosion.

La majorité des larves éclosent moins de 24 heures après le dépôt de l'oothèque. Les jeunes blattes cherchent rapidement à s'alimenter. Selon les espèces, les larves subissent entre quatre et quinze mues avant de devenir adulte, avec parfois une mue supplémentaire pour la femelle (la blatte germanique subit six ou sept mues et la blatte américaine une douzaine). Après chaque mue, le corps de l'insecte est mou et blanchâtre. À mesure que les heures passent, le squelette externe durcit et prend la couleur caractéristique de l'espèce.

Contrairement à la majorité des insectes, certaines blattes n'abandonnent pas complètement leur progéniture. Les larves nouvellement écloses suivent leur mère dans sa quête de nourriture durant un certain temps.

Selon les espèces, il faut de deux à 24 mois aux blattes avant d'atteindre la maturité.

 
Blatte germanique (Blattella germanica), cycle de vie
Francine Mondor
 
 
Plusieurs espèces sont ovipares (production d'œufs dans l'oothèque), d'autres sont ovovivipares (la femelle incube les œufs dans son corps jusqu'à ce que les jeunes naissent). Les blattes qui vivent dans les maisons peuvent pondre tout au long de l'année.

 

La durée de vie des adultes ainsi que celle du cycle vital varient selon les espèces, ainsi que selon les conditions environnementales, en particulier la température. À titre d'exemple, la blatte germanique peut vivre plus de 200 jours. Elle passe environ 23 jours sous forme d'œuf et de 27 à 103 jours au stade de larve. Son cycle vital peut être complété en 60 jours environ à 27 °C et à 40 % d'humidité. L'insecte produit normalement trois ou quatre générations par année.

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HABITAT
Dans le monde, la très grande majorité des espèces de blattes vivent dans la nature, sous les débris, les pierres, les feuilles, les écorces ou les troncs d'arbres couchés au sol ainsi que dans les fissures des rochers.

Au Québec, la blatte de Pennsylvanie fréquente les milieux boisés, vivant sous l'écorce des arbres ou sous les feuilles mortes.

Les espèces domestiques habitent les maisons, les entrepôts, les commerces et tout autre bâtiment chauffé en hiver où elles trouvent suffisamment d'humidité et de nourriture.

Sous les tropiques, les milieux de vie des blattes sont beaucoup plus variés (cavernes, nids de fourmis ou de rongeurs, tronc et feuillage des arbres, etc.).

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DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Les blattes sont particulièrement abondantes et diversifiées dans les régions tropicales et subtropicales.

La blatte germanique, la blatte américaine et la blatte orientale sont des espèces cosmopolites, que l'on trouve souvent où l'homme s'établit.

Au Québec, la blatte de Pennsylvanie vit dans le sud-ouest de la province.

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ALIMENTATION
Les blattes sont des insectes omnivores. Elles peuvent manger de la matière végétale en décomposition autant que des animaux morts ou des restes de table. Dans nos maisons, elles se nourrissent de fruits, de légumes, de viande, d'aliments pour animaux, de fromage, de pâtes alimentaires, de céréales et de biscuits, ainsi que de cuir, de tissus, de poils et de colle (sur le papier peint, les reliures de livres et les timbres), etc.

Les blattes semblent préférer les hydrates de carbones (amidon et sucres) aux protéines et aux gras, mais elles peuvent manger à peu près n'importe quoi lorsqu'elles ont faim, y compris du savon, des rognures d'ongles, des cheveux et des particules de peau morte.

On rapporte aussi des cas de cannibalisme sur des oothèques et des larves.

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RÔLES ÉCOLOGIQUES
En nature, les blattes jouent un important rôle de décomposeurs. Elles participent au recyclage rapide de la matière organique en se nourrissant de végétaux et d'animaux morts.

Ces insectes servent de nourriture à divers animaux : nématodes, araignées, scutigères, insectes (éphémères, libellules, punaises, dermestes, guêpes, fourmis, etc.), grenouilles, crapauds, lézards, serpents, oiseaux et mammifères insectivores.

Les blattes (oothèque, larves et adultes) sont parfois parasitées par de petits hyménoptères et des protozoaires. Des acariens peuvent aussi vivre à leurs dépens.

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COMPORTEMENTS PARTICULIERS
Au Québec, la plupart des blattes vivant dans les maisons sont nocturnes et fuient la lumière. Elles restent habituellement immobiles durant la journée, quittant leur abri le soir pour se mettre en quête de nourriture. Voir des blattes s'activer à la lumière du jour est un signe que la population est très élevée.

Les coquerelles qui habitent nos demeures sont des insectes grégaires. Elles produisent une phéromone d'agrégation, une substance odorante qui incite les individus d'une même espèce à se regrouper. Elles créent ainsi dans les abris où leurs excréments sont abondants un Fecal Focal Point, c'est-à-dire un lieu où les insectes sont davantage en sécurité. L'abondance des excréments et de la phéromone indique aux blattes que leur cachette n'a pas encore été découverte par leurs ennemis (les occupants de la maison). On a pu vérifier expérimentalement que les blattes se développent moins vite lorsqu'elles sont isolées. De plus, les coquerelles se nourrissent davantage en présence de cette phéromone.

Les blattes forment souvent de petits groupes de type familial, qui réunissent plusieurs individus du même âge et probablement nés de la même mère. Dans les habitations, ces groupes se rassemblent pour former des communautés de plusieurs centaines ou même de milliers d'individus. Toutefois, il n'existe pas de hiérarchie ou de spécialisation des tâches chez les blattes, qui ne sont pas de véritables insectes sociaux. Chaque individu vit de façon autonome, sans être dépendant du groupe.

La mauvaise réputation des blattes domestiques vient en grande partie du fait qu'elles transmettent une odeur et un goût désagréables aux produits alimentaires dont elles se nourrissent. Elles souillent aussi la nourriture de leurs excréments. Lors d'une infestation sévère, ces insectes laissent une odeur de moisi sur les objets.

La plupart des espèces de blattes ont des glandes abdominales qui sécrètent une substance à l'odeur répugnante. De plus, le liquide brun qui s'écoule de leur bouche imprègne les aliments, la vaisselle et les autres objets d'une senteur nauséabonde.

Les pièces buccales des blattes bougent de façon latérale, de gauche à droite et vice-versa. Elles permettent aux insectes de sentir autant que de goûter.

Les coquerelles se nettoient souvent, léchant leurs antennes et polissant leurs ailes à l'aide de leurs pattes postérieures. Elles nettoient ensuite leurs pattes avec leurs pièces buccales.

La plupart des blattes ailées volent mal ; elles se servent surtout de leurs ailes comme d'un parachute, pour planer et ralentir leur descente. Par contre, elles sont très rapides à la course.

Pour distraire leur adversaire ou échapper à l'ennemi, certaines espèces de blattes produisent des sons. Elles le font en frottant leurs ailes, en faisant sortir l'air de leur corps pour émettre un sifflement ou en frappant le sol avec leur abdomen. D'autres espèces sans ailes se roulent en boule et s'immobilisent. D'autres blattes courent rapidement pour s'abriter dans une fissure ou une crevasse, ou encore émettent un liquide nauséabond par leurs glandes abdominales.

Ces insectes peuvent se déplacer facilement d'un lieu à un autre. Au besoin, ils migrent en se faufilant dans les cages d'ascenseurs, les drains, les conduits d'aération et de chauffage, les faux plafonds, etc.

Certaines espèces de blattes, dont la blatte germanique, ont tendance à préférer des abris très exigus, où les deux faces de leur corps sont en contact avec des surfaces solides. Cette tendance porte le nom de thigmotactisme.

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MÉTHODES DE CONTRÔLE
 

Blatte américaine (Periplaneta americana), adulte
René Limoges,
Insectarium de Montréal
Blatte américaine
Les coquerelles comptent parmi les insectes de maison les plus désagréables. Elles laissent une mauvaise odeur et contaminent les aliments avec leurs sécrétions et leurs excréments. En plus de la nourriture, elles peuvent endommager les livres et le papier, causant des dégâts dans les bibliothèques.

En gros, la clé du contrôle à long terme consiste à réduire le plus possible les sources de nourriture, d'eau et d'abris nécessaires à la survie des blattes. Dans un immeuble à logements, tous les locataires doivent collaborer au programme de contrôle pour assurer son succès. Il ne faut pas oublier que les traitements massifs aux insecticides peuvent provoquer le déplacement des populations vers d'autres logements.

La blatte germanique est de loin l'espèce la plus souvent rencontrée dans nos maisons. Les recommandations qui suivent s'appliquent à elle mais sont aussi valides pour les autres blattes domestiques. Il existe cependant certaines particularités selon les espèces, donc l'identification des insectes à éliminer peut être utile. La blatte à bandes brunes, par exemple, supporte davantage le manque d'humidité que les autres et peut s'installer dans des endroits très secs (derrière un poste de radio, un téléviseur ou d'autres appareils émettant de la chaleur). Pour vous aider à identifier une blatte, voyez plus haut la section Description des adultes.


Blatte de Pennsylvanie (Parcoblatta pennsylvanica), adulte
René Limoges,
Insectarium de Montréal
Blatte américaine
Des blattes dans la nature
La blatte de Pennsylvanie, qui vit en milieu boisé, est active au Québec de mai à octobre. Elle entre parfois dans les chalets ou les maisons à l'automne, mais elle ne cause habituellement pas de dommage. Les mâles volent et sont attirés par la lumière. Pour les empêcher de se retrouver à l'intérieur de votre domicile, placez des moustiquaires aux portes et aux fenêtres. Bouchez les autres ouvertures ou placez-y un grillage. Enlevez aussi la végétation en décomposition sur les pourtours de la maison et laissez une bordure propre autour des fondations.

Détection et monitorage
Si des blattes ont élu domicile dans votre demeure, il faut passer à l'action et éliminer les intrus. Le premier réflexe est souvent de recourir aussitôt à un insecticide. Un traitement chimique est effectivement à considérer lorsque les insectes sont nombreux, mais avant de répandre des produits toxiques partout dans la maison, il convient de demander conseil à un spécialiste. Les exterminateurs, maintenant appelés spécialistes en gestion parasitaire, pourront facilement identifier les blattes et trouver les endroits où la plupart d'entre elles se concentrent. Ceci permet de maximiser le traitement et de diminuer la quantité d'insecticide utilisée.

Si vous choisissez d'appliquer vous-même un insecticide chimique, demandez conseil à un spécialiste pour choisir le produit le moins toxique et le mieux adapté à votre situation. Suivez attentivement les directives du fabricant, procédez avec précaution et rappelez-vous que la plupart des insecticides chimiques peuvent être nocifs pour vous et pour l'environnement.

Le monitorage des lieux sert d'abord à identifier les espèces présentes et les endroits où elles se cachent puis, dans un deuxième temps, à vérifier l'efficacité du traitement.

Il existe sur le marché divers pièges destinés à détecter la présence des coquerelles (et par le fait même à les capturer). Vous trouverez différents modèles commerciaux de trappes collantes non toxiques. Certaines comportent seulement des parties badigeonnées de colle, d'autres contiennent aussi de la nourriture qui sert d'appât ou encore une substance odorante qui attire les blattes, comme une phéromone sexuelle ou une phéromone d'agrégation. Choisissez de préférence les pièges collants simples ou les pièges à phéromone plutôt que les pièges avec de la nourriture, car ces derniers peuvent attirer d'autres insectes.

Placez les pièges debout dans les coins des différentes pièces et près des abris potentiels (par exemple, dans les armoires, le garde-manger, les tiroirs, les garde-robes, sous l'évier, sous le poêle et le réfrigérateur, près des tuyaux qui fuient, etc.). Posez vos pièges près des murs ou contre des meubles et des objets, plutôt qu'au milieu d'une pièce. Mettez-en plusieurs au départ et laissez-les en place au moins une semaine. Plus tard, lorsqu'il s'agira de faire le monitorage pour vérifier si vos efforts de contrôle ont porté fruit, placez des pièges seulement aux endroits stratégiques.

Au cours des étapes de surveillance, n'oubliez pas de prendre des notes. Vérifiez les pièges toutes les 24 heures et comptez le nombre de prises. Les pièges où vous trouverez beaucoup de coquerelles indiquent un abri proche, donc un endroit où il faut agir. Déplacez les pièges qui sont restés vides pour localiser tous les principaux abris.

Une semaine après le traitement, replacez de nouveaux pièges collants et comptez les captures 24 heures plus tard.

Les pièges peuvent aussi constituer votre seul moyen pour éliminer les blattes, avec les méthodes de contrôle indirect qui suivent, si vous ne pouvez utiliser d'insecticides.

Les pièges vendus sur le marché sont généralement conçus pour attirer plusieurs espèces de blattes. S'ils ne fonctionnent pas, il est recommandé de consulter un spécialiste.

Prévention et contrôle indirect
Les premières étapes du contrôle des blattes consistent à prévenir les infestations et à empêcher la réinfestation à partir des logements voisins. Voici comment procéder :

  • À l'épicerie, optez pour les sacs de plastique plutôt que pour les sacs de papier et les boîtes de carton pour transporter les aliments. Lorsque vous n'avez pas le choix, vérifiez s'il y a des blattes ou des oothèques dans les sacs et les boîtes, dans les cartons à œufs, dans les caisses de bière et les cartons de boissons gazeuses. Débarrassez-vous de ces contenants le plus rapidement possible.
  • Conservez la nourriture dans des contenants fermés hermétiquement. Les sacs de papier et les boîtes de carton ne sont pas à l'épreuve des blattes. Optez plutôt pour le verre ou le plastique. N'oubliez pas les aliments pour animaux, souvent offerts dans des boîtes ou des sacs qui restent ouverts.
  • Organisez une gestion rigoureuse des déchets. Ne laissez traîner aucune trace de nourriture (restes de table, déchets alimentaires, miettes de pain) sur les comptoirs ou les planchers, ni même dans les éviers. Gardez toutes les surfaces bien propres. Balayez ou passez l'aspirateur régulièrement. Au besoin, faites un grand ménage de la maison. Déplacez le poêle et le réfrigérateur pour laver le mur derrière et le plancher dessous.
  • Si vous n'avez pas le temps de laver la vaisselle sale immédiatement, prenez l'habitude de la mettre dans un plat rempli d'eau savonneuse.
  • Enlevez les plats de nourriture pour animaux entre les repas (placez-les au frigo, par exemple) ou utilisez des plats munis d'un couvercle.
  • Rincez tous les emballages de nourriture et les bouteilles avant de les jeter à la poubelle. Déposez les déchets organiques dans une poubelle ou un contenant muni d'un couvercle ou mettez-les dehors dans un composteur.
  • Installez des grillages sur les ouvertures des divers conduits et évents qui communiquent avec d'autres logements. Prenez soin de bien boucher les joints pour que ces barrières soient efficaces. Ajoutez aussi des moustiquaires aux fenêtres qui n'en ont pas.
  • Dans les immeubles à logements, fixez une bande de caoutchouc sous la porte afin de bloquer l'entrée.
  • Réduisez la disponibilité de l'eau et asséchez le plus possible les foyers d'humidité et les traces de condensation (par exemple, sur les tuyaux et les fenêtres). Inspectez les drains, les éviers, le bain et la toilette. Réparez toutes les fuites. Ne laissez pas de flaques d'eau sur les comptoirs ou toute autre surface dans la cuisine ou la salle de bain (fond du bain et de la douche, par exemple). Enlevez les plats d'eau pour animaux durant la nuit ou mettez-les dans une assiette d'eau savonneuse. Couvrez le dessus de l'aquarium.
  • Évitez de surchauffer la maison. Une température plus fraîche ralentit la prolifération des insectes.
  • Sensibilisez la famille et les autres occupants de l'immeuble, s'il y a lieu, afin de mieux lutter contre les infestations de blattes.

Contrôle chimique
La blatte germanique a développé une résistance à plusieurs insecticides chimiques (organochlorés, organophosphorés, carbamates, etc.). Une fois passé le choc de l'agression chimique, les coquerelles retournent à la vie normale. Il est donc important de résister à la tentation d'utiliser immédiatement un insecticide avant de mettre en pratique les mesures de contrôle suggérées ci-dessus (contrôle indirect). Le fait d'effectuer des modifications permanentes dans votre environnement et de changer certains comportements augmente de beaucoup vos chances d'obtenir des résultats positifs. Il est préférable d'avoir recours à un professionnel, mais si vous désirez effectuer un contrôle chimique sans recourir aux services d'un spécialiste, procurez-vous uniquement des produits recommandés pour la lutte contre les blattes. Suivez toujours attentivement les directives du fabricant.

Il existe plusieurs insecticides contre les coquerelles sur le marché. Certains types de produits sont considérés comme moins toxiques :

- Les poudres et les aérosols insecticides

L'acide borique est un poison qui agit sur le système digestif des insectes. Il est aussi toxique, si ingéré, pour les enfants et les animaux domestiques. Il faut compter de cinq à dix jours avant d'observer l'effet de ce produit. Son action peut être combinée avec des appâts commerciaux à action plus rapide.

La terre de diatomées et l'aérogel de silice agissent grâce à leur effet abrasif sur le squelette externe de l'insecte, qui meurt par déshydratation. Il existe aussi des produits en aérosol combinant l'aérogel de silice et la poudre de pyrèthre (un insecticide végétal) faciles à appliquer dans les fissures.

- Les appâts insecticides

En attirant les blattes dans des endroits précis, ces appâts permettent d'utiliser moins d'insecticide. Divers produits sont disponibles sur le marché, dont certains à base d'hydraméthylnone ou d'acide borique. Certains modèles peuvent être fixés sous des tiroirs ou des meubles, ou encore sur des murs et d'autres surfaces verticales. Il est bon de placer de tels appâts entre les abris connus et les sources d'approvisionnement en eau. Lorsque les blattes sont nombreuses, il faut vérifier les appâts au bout de quelques semaines et les remplacer au besoin.

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QUESTIONS FRÉQUEMMENT POSÉES
Comment peut-on se débarrasser des coquerelles ?

Voyez la section Méthodes de contrôle, plus haut dans le texte.

Est-ce que les coquerelles représentent un danger pour la santé ?

Les blattes peuvent potentiellement transmettre des maladies infectieuses comme l'hépatite, le choléra, la tuberculose, la lèpre, le typhus, la salmonellose et la dysenterie. On trouve en effet plusieurs microbes sur leur squelette externe ainsi que dans leurs excréments, et les insectes peuvent les disperser accidentellement dans la nourriture ou sur d'autres objets. Des études ont prouvé que les coquerelles transportent ces micro-organismes pathogènes, mais leur transmission aux humains n'a pas encore été démontrée.

Par contre, il est prouvé que certaines personnes développent des allergies après avoir manipulé des coquerelles ou leurs excréments, après avoir mangé des aliments contaminés ou encore simplement après avoir inhalé des particules du corps de ces insectes. La présence de blattes dans une maison peut déclencher des crises d'asthme, particulièrement chez les enfants. Les blattes vivantes ou mortes, ainsi que leurs exuvies (vieilles « peaux » laissées après la mue), contiennent des protéines allergènes pouvant provoquer des crises d'asthme lorsque inhalées. Aux États-Unis, on estime que de 10 à 12 % de la population serait allergique aux blattes.
D'autre part, les blattes ne piquent pas et ne mordent pas.

Quelle taille atteignent les coquerelles du Québec ?

La plus grosse blatte vivant au Québec est une espèce introduite. Il s'agit de la blatte américaine, qui peut mesurer jusqu'à 4,5 cm de long. Toutefois, la majorité des coquerelles trouvées dans nos maisons sont des blattes germaniques, dont la taille varie entre 10 et 15 mm de long (voir aussi plus haut : Description des adultes).

Plusieurs Québécois pensent que les blattes sont des insectes beaucoup plus gros, car ils ont vu de grandes espèces tropicales lors de voyages dans le Sud ou encore au cinéma.

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FAITS INTÉRESSANTS ET CURIOSITÉS
Le mot coquerelle est un terme particulier au Québec pour désigner une blatte. Pour les Français, ce mot fait référence à l'héraldique et concerne donc les armoiries. La coquerelle, dans ce cas, est un ensemble de trois noisettes dans leur capsule verte.

En plus des 4 000 espèces de blattes connues, on estime qu'il y aurait encore 4 000 autres espèces à découvrir. Parmi les espèces répertoriées, moins de 1 % sont considérées comme nuisibles.

Les blattes constituent le plus ancien groupe d'insectes connu. Elles sont apparues au Carbonifère, il y a environ 350 millions d'années. À cette époque, le climat était chaud et humide, et la végétation luxuriante. Les plantes à fleurs, les oiseaux et les mammifères n'existaient pas encore. Les blattes fossiles ressemblent de façon remarquable aux espèces actuelles. La plupart des blattes actuelles vivent d'ailleurs toujours dans les forêts tropicales, des milieux très proches de leur environnement originel. Leur forme parfaitement adaptée à leur milieu n'a guère subi de modifications. Seules quelques adaptations ont été nécessaires pour conquérir les zones tempérées. Au fil de leur longue existence, ces insectes ne se sont pas spécialisés. Leur souplesse leur a permis de s'adapter subtilement pour proliférer jusqu'à notre époque.

Les blattes ont peut-être partagé la vie des humains depuis l'âge des cavernes. La découverte de la présence de coquerelles dans des nids d'orangs-outans fait croire à certains spécialistes que les coquerelles domestiques ont pu évoluer à partir de celles qui habitaient les nids des premiers primates.


Blatte américaine (Periplaneta americana), adultes
René Limoges,
Insectarium de Montréal
Blattes américaines
Les noms des blattes de maison cosmopolites n'ont pas de valeur géographique réelle. Ces noms viendraient plutôt de préjugés envers les pays voisins. Ainsi, Blattella germanica serait d'origine africaine. Elle est connue sous le nom de blatte allemande en Angleterre et en Amérique du Nord, de blatte prussienne en Russie et, selon les régions, en Allemagne, de blatte française, blatte hollandaise ou blatte russe. De même, la blatte américaine et la blatte australienne sont probablement aussi originaires d'Afrique. Ces espèces se sont d'abord répandues sur les divers continents en voyageant dans les bagages individuels, dans les cales des bateaux, dans les charges des caravaniers et maintenant dans les avions. Ces espèces domestiques n'ont toutefois pas réussi à coloniser les milieux naturels des régions tempérées et froides.

La blatte germanique est l'espèce de coquerelle la plus répandue sur la planète. Elle continue encore aujourd'hui à étendre son aire de distribution, sa présence se faisant maintenant remarquer jusqu'au Groënland et aux Îles-de-la-Madeleine. Cette blatte a fait son entrée au Canada par la Nouvelle-Écosse, en provenance de New York, au XVIIIe siècle. Elle est responsable de 90 % des infestations rapportées au Canada. Il s'agit d'une espèce très compétitrice qui s'adapte facilement à diverses situations. Elle bénéficie également de la plus grande capacité de reproduction parmi toutes les espèces domestiques.

On retrouve assez souvent au Québec la blatte du Surinam, Pycnoscelus surinamensis (L.). Cette espèce est transportée dans le terreau des plantes tropicales importées au pays.

Les coquerelles infestent les bateaux depuis fort longtemps. On rapporte qu'au XVIIe siècle, un marin danois reçut une bouteille de brandy en prime pour avoir attrapé mille blattes. Au XVIIIe siècle, le capitaine Blight, aux commandes du célèbre Bounty, ordonna à son équipage de mouiller les ponts du navire à l'eau bouillante pour tuer les insectes qui se nourrissaient de sa cargaison. Plus près de nous, en 1978, la marine américaine a utilisé 10 000 gallons (plus de 45 000 litres) d'insecticides pour tenter de se débarrasser de cette vermine, en vain…

On rapporte que des blattes ont déjà grignoté les ongles de marins endormis et mangé les cils et les sourcils de petits enfants, au Brésil, pendant leur sommeil.

Si les blattes en répugnent plusieurs, d'autres leur portent une affection très particulière. Certains collectionnent tout ce qui concerne ces petites bêtes : t-shirts, aimants de cuisine, marionnettes, blattes de caoutchouc, blattes qui luisent dans le noir, panneaux de traverses de blattes, films d'horreur, films d'animation, bandes dessinées, poèmes, déguisements, œuvres d'art contemporain, etc. Il existe même une oothèque soluble dans l'eau qui contient des nymphes de plastique !

Les blattes font aussi l'objet de diverses compétitions plus ou moins farfelues. Par exemple, on trouve aux États-Unis un Temple de la renommée de la blatte (Cockroach Hall of Fame), où se déroule chaque année le concours de la coquerelle la mieux habillée. Parmi les concurrents les plus remarqués figurent Liberoachi et Marilyn Monroach…

Les blattes tropicales sont souvent brillamment colorées et leurs ailes s'ornent de motifs variés.

Certaines blattes femelles peuvent sentir les sécrétions odorantes émises par les mâles sexuellement matures jusqu'à plus de 500 m de distance.

Les blattes s'enfuient au moindre signe de danger. Elles sont très sensibles aux vibrations du sol et peuvent détecter des mouvements microscopiques. Elles sont aussi capables de percevoir d'infimes déplacements d'air grâce aux poils qui se trouvent sur les cerques situés sur leur abdomen. Elles détectent ainsi les mouvements d'un ennemi bien avant qu'il soit près d'elles.

Parmi les coquerelles domestiques du Québec, la blatte américaine détient le record de longévité. Certains individus peuvent vivre plus de quatre ans, durant lesquels une femelle peut pondre plus de 1 000 œufs.

Certaines blattes peuvent vivre jusqu'à 190 jours sans nourriture et 40 jours sans eau.

Chaque année, aux États-Unis, on dépense plus de 1,5 milliard de dollars en insecticides pour lutter contre les blattes.

Des blattes ont déjà été utilisées dans la recherche contre le cancer ainsi que dans des études sur les maladies cardiaques et les effets des voyages dans l'espace.

Selon le livre des records Guinness de 1995, le plus gros spécimen de blatte connu mesurerait 9,7 cm de long. L'insecte, une femelle, appartient à l'espèce Megaloblatta longipennis de Colombie.

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BIBLIOGRAPHIE
Gordon, D.G. 1996. The Compleat Cockroach : a Comprehensive Guide to the Most Despised (and Least Understood) Creature on Earth. Ten Speed Press, Berkeley. 178 p.

 

Des convives malvenues (les blattes)

 

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